Les Etats sont en compétition pour trouver le remède contre le COVID-19. Ils mènent des recherches scientifiques pour découvrir le vaccin ou les médicaments curatifs afin de soulager le monde. Au-delà d’une intention éthique, il y a également une envie de puissance. Européens, Américains, Chinois et Russes s’engagent dans la course. Les Africains font également partie de l’aventure. Le pays qui trouvera le vaccin sera le sauveur de l’humanité. La science devient un outil de puissance dans un contexte de défi sanitaire planétaire. L’espoir viendra-t-il de l’Afrique ? Pour le moment, la science a permis la mise en œuvre d’un test rapide d’une heure en Italie.
Une guerre franco-française se mène à la vue du monde à travers la controverse entre le Professeur marseillais, star en infectiologie, Didier Raoult et le gouvernement français puis l’OMS. L’essai clinique en pleine confirmation d’expérimentation effectué par le Pr Didier Raoult et contesté par les proches de l’Elysée, n’est pas sans cacher des velléités de rivalités de notoriété de l’Institut Pasteur, plus acquis à la cause des autorités de Paris. Voilà comment en temps d’urgence sanitaire, des labels pharmacologiques et médicaux peuvent se livrer des combats qui font fi du mal à affronter.
Au-delà de la recherche du vaccin et du médicament curatif, certains pensent que l’Afrique pourrait servir de terrain de test par l’administration d’un vaccin trouvé ailleurs à des cobayes africains. D’autres redoutent une attaque contre la démographie africaine par l’administration de vaccins qui seraient des produits de stérilisation des populations africaines. Est-ce le fruit de l’imagination ou bien un complot démasqué ?
L’Afrique et les Africains ont l’opportunité de prendre leur vraie indépendance avec cette opportunité que nous offre cette épreuve à envergure planétaire. Cela suppose qu’on fédère nos expertises en terme de médecines (moderne et pharmacopées), que nos experts acceptent partager leur savoir, mais aussi et surtout que nous ayons des dirigeants forts qui résistent à toute pression extérieure ? Une concertation des acteurs de la gestion du COVID-19 aux niveaux national et régional est nécessaire. L’alliance bénino-burkinabè dans le processus de validation de l’APIVIRINE pour soigner le COVID-19 constitue une piste intéressante de collaboration entre chercheurs africains.
Il importe que l’OOAS joue un rôle de leadership pour rassembler les compétences publiques, privées et associatives ouest africaines du secteur de la santé pour relever le défi du COVID-19.