Les populations à la base expriment leurs attentes vis-à-vis du sommet. Nous prenons en exemple le jeune qui, en langue mooré, exprime sa frustration et invite l’Etat à protéger les populations les plus vulnérables par un accompagnement conséquent dans le cadre de l’application des mesures de lutte contre le COVID-19. En résumé, voici la substance de son message :
- Une adresse aux leaders coutumiers, religieux et aux personnes âgées pour qu’ils interpellent la première autorité que les populations les plus vulnérables sont privées de moyens d’existence à la suite des mesures prises : fermeture des marchés et yaars, couvre-feu
- Il dénonce la répression des FDS sur les pauvres personnes, notamment des vieilles qui cherchent à vendre de quoi la soirée pour survivre
- Les mesures d’accompagnement profitent seulement à la classe moyenne qui dispose d’électricité et d’eau
- Un sac de riz donné à chaque famille démunie aurait permis de convaincre les plus faibles à rester à la maison
- L’histoire récente du Burkina Faso enseigne que l’autorité la plus puissante a une fin et cela peut venir de Dieu si les plus vulnérables souffrent par la faute de celui qui a le pouvoir de soulager.
En somme, faute d’espoir, il s’en remet à Dieu et souhaite un malheur plus gros à ceux qui sont à la base de leurs souffrances…
Est-ce que cette prise de parole à la base est un nouveau phénomène dû à la facilité de communication offerte par les TICs ? Comment le citoyen lamda concurrence-t-il la parole politique et officielle ? Ce propos a-t-il la chance d’être entendu au sommet ?
Le jeune semble désorienté car il a l’impression de ne pas avoir une oreille attentive. Il se pose un problème de communication entre le gouvernant et le gouverné. Il demande un sac de riz par famille vulnérable et cela devait être facilité par les représentants des populations, notamment les conseillers municipaux et les députés. Les cadres ressortissants peuvent aussi jouer un rôle important. La riposte doit être globale et intégrée.
Le boom des TIC a favorisé la prise de parole au niveau de la base. Dans un passé récent, ce sont les journaux qui donnaient l’information au public. Cette information était relayée par les radios locales. Mais de nos jours le citoyen lamda peut avec son smartphone diffuser une information, donner son avis par rapport à une situation donnée.
Quant au cri de cœur du jeune homme, ce n’est pas évident que le sommet en ait l’écho car les conseillers sont plus préoccupés par leurs intérêts personnels, matérialistes et égoïstes, que par les préoccupations des citoyens.