Le samedi 20 mars 2021, les stagiaires de l’INHEI de la deuxième année du cycle A ont simulé, sur le site de l’institut à Loumbila, une conférence internationale sur l’influence des puissances mondiales en Afrique. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’évaluation de l’enseignement sur la géopolitique et la géostratégie. En trois temps, les participants ont fait des déclarations préliminaires, conduit des débats contradictoires en fonction des intérêts en présence et tiré des enseignements de l’exercice.

Les stagiaires de l’Institut des Hautes Etudes Internationales (INHEI) ont reçu un enseignement théorique en « Géopolitique et géostratégie » au cours du mois de janvier 2021. Les échanges théoriques ont porté sur les notions de géopolitique et de géostratégie, l’évolutions de la géopolitique et de la géostratégie et sur la position de l’Afrique en tant qu’objet et actrice de la géopolitique et de la géostratégie.

Pour l’évaluation du cours sur la géopolitique et géostratégie, les stagiaires de l’INHEI devaient conduire des recherches sur les stratégies et les moyens d’action des puissances mondiales sur le continent africain. Répartis en délégations, les groupes de stagiaires représentaient des puissances qui développent des initiatives pour une plus grande influence sur l’Afrique. Le document de recherche devait consister un mémorandum afin de permettre à chaque puissance présente à la conférence internationale de démontrer qu’elle est le meilleur partenaire de l’Afrique. Vu d’Afrique, cette conférence ressemble à un second partage du continent africain. Etaient présents à cette conférence internationale, le Maroc, seule puissance africaine et facilitatrice de la conférence, le Brésil, le Chine populaire, les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Inde, le Japon, la Russie et la Turquie.

Les déclarations introductives des délégations ont permis à chaque puissance

de faire l’analyse de ses forces et de ses opportunités en Afrique, de faire le point de ses domaines d’intervention et des acquis de sa coopération. Il a été également question des zones d’intervention prioritaires à travers une cartographie de présence sur le continent.

Lors des échanges, les délégations ont souligné les enjeux des puissances mondiales en Afrique en mettant en évidence les jeux d’alliance et de concurrence.

Cet exercice avait pour but de permettre aux diplomates en formation de conduire des recherches poussées sur les ambitions des puissances mondiales en Afrique. Les études faites font preuve d’un regard critique sur la présence des puissances mondiales en Afrique. En tant que jeunes diplomates se préparant à défendre les intérêts du Burkina Faso dans le monde, cette simulation vise à développer les capacités d’élaboration de stratégies de politiques étrangères du Burkina Faso dans un environnement mondial exigeant, surtout dans ce contexte pandémique de la COVID-19. Cet exercice a permis également de jeter un regard critique sur les possibilités en matière de diplomatie militaire, sécuritaire, économique, énergétique et technologique sous l’angle de la géopolitique et de la géostratégie. La recherche permet le développement des compétences en analyse et en synthèse des données collectées pour concevoir une position. Il s’agit d’amener les stagiaires à maîtriser le traitement et l’analyse des informations disponibles.

Cette simulation vise également à développer les capacités de prise de parole des stagiaires qui se préparent à assumer les fonctions de représentants du Burkina Faso à l’international. Le diplomate a besoin de sa voix pour convaincre, le diplomate a besoin de sa parole pour exprimer sa position, le diplomate a besoin de ses mots pour gagner la confiance et satisfaire les intérêts de son pays.

Le débat contradictoire est la caractéristique des rencontres diplomatiques et simuler une conférence sur l’influence des puissances mondiales en Afrique offre une opportunité aux parties prenantes de proposer leurs initiatives de coopération pour l’Afrique. Avec la présence marocaine en tant que représentant crédible du continent, les débats ont respecté les critères des échanges entre les puissances mondiales. Des pics ont été adressés entre Occidentaux et certains membres des BRICS et des autres pays émergents. D’un côté, les « démocrates » dénoncent les « dictatures » et, de l’autre, les puissances de l’Est et leurs alliés dénoncent l’impérialisme et la volonté de contrôle militaire du monde de l’Occident. Entre réalisme et constructivisme, les puissances mondiales indexent les uns les autres comme des prédateurs des ressources naturelles africaines. Chaque puissance se présente sous un meilleur jour et peint en noir l’image de ses concurrents. Avec courtoisie, les délégations ont dénoncé la duplicité des grandes puissances qui se laissent guidées par les rapports de force et les intérêts.

Le renforcement de l’esprit d’équipe était également un objectif de cet exercice. On négocie toujours en équipe et la convergence des positions au sein des délégations est une nécessité. Pour que le Burkina gagne sur la scène internationale, l’esprit d’équipe et de solidarité du corps diplomatique est un grand avantage. « Il n’y a pas de stars en diplomatie, la synergie et la collaboration demeurent des approches gagnantes. »

En somme, l’enseignement dans l’ensemble devrait contribuer à développer le leadership des stagiaires, futurs défenseurs des intérêts du Burkina Faso dans le monde.

En 06 heures d’horloge, la simulation a permis de comprendre les enjeux internationaux en termes de rivalités entre puissances mondiales et de se préparer pour la défense des intérêts de sécurité, de prospérité et de rayonnement international du Burkina Faso, en disposant de clés d’analyse.

Pour continuer dans la dynamique d’appropriation de la pédagogie du Bonheur et de la pensée positive, chaque étudiant s’est procuré un exemplaire du « Jus de fruit pour l’esprit ». Cet outil de développement personnel est bâti autour de la démarche Finalité – Action – Consolidation (FAC).

C’est par un cocktail digne de diplomates que les diplomates ont mis fin à leurs travaux.

Les participants ont affirmé que leurs attentes ont été comblées à travers les échanges théoriques, les recherches conduites et les débats lors de la conférence.

L’enseignant tire une grande satisfaction de la maîtrise de l’exercice et se réjouis de la présence de la direction générale de l’institut à travers le directeur de la communication, Monsieur Servace Dabou. Tout comme avec l’administration de l’ULB qui était représentée à la simulation de négociation du 27 février à l’Hôtel Résidence Prestige par le fondateur, Karim Ouédraogo, le Recteur Bapio Rosaire Bama et le Directeur Général, Ismaël Sana, l’INHEI a été représenté à la conférence par son responsable à la communication. Cela est un signe de considération envers l’innovation proposée et un encouragement pour l’enseignant. Cet enseignement a été dispensé par Dr Poussi Sawadogo, diplomate – enseignant et conseiller en formation de l’Institut d’Accompagnement des Carrières Diplomatiques et Internationales (IACDI).

Florent SAWADOGO

Directeur des opérations en charge de la communication/IACDI