« L’humilité et la confiance représentent deux valeurs incontournables pour réussir dans l’entrepreneuriat. », telle est le message essentiel de Madame Nina Yaméogo, jeune entrepreneure burkinabè à la tête de la Société de Gastronomie, la Boulangerie Fatims et la Ferme Siélé respectivement dans la restauration, la boulangerie et l’élevage. De par son profil, elle montre que le succès repose sur la diversification des activités entrepreneuriales. Cette femme courageuse a partagé son expérience avec une quarantaine d’étudiants de l’ESC – Ouaga 2000, en présence de quelques membres de l’UACOACHS, ce dimanche 21 mars 2021 de 15 h à 17 h. Madame Yaméogo a intervenu comme assistante de Dr Poussi Sawadogo, formateur du jour invité à traiter de l’entrepreneuriat des jeunes à la lumière de la « pédagogie du Bonheur ». Pour le communicateur principal, « les jeunes peuvent et doivent réussir » dans l’entrepreneuriat s’ils acceptent faire face avec persévérance à leurs souffrances.
En trois temps, la séance de conférence-formation, initiée par Coach Roland Tamini, enseignant à l’ESC, a permis aux participants de faire la connaissance d’entrepreneurs qui ont fait l’expérience de la souffrance, de la persévérance et de l’abondance, triptyque de la « pédagogie du Bonheur ». Les modèles présentés à la séance étaient respectivement Madame Sanata Yaméogo née Ouédraogo du Burkina Faso, Monsieur Francis Ima du Burkina Faso, Madame Philomène Tia dite Mme Glao de la Côte d’Ivoire, Monsieur Godfrey Nzamujo, Nigérian d’origine et initiateur du centre Songhaï basé au Bénin, Madame Oumou Ouédraogo du Burkina Faso et Monsieur Omar Kindo du Burkina Faso. Le choix de ces modèles s’imposait par le respect de la diversité des pays d’origine, des secteurs d’intervention allant de l’agriculture au commerce en passant par la transformation, le transport et le logement et de l’égalité genre. En voyant trois femmes et trois hommes décider de réussir, les participant.e.s se rendront compte que l’abondance est possible si on fait face avec courage et confiance à la souffrance dans la persévérance.
Après avoir visionné les vidéos introductives sur le parcours de ces six modèles, il a été question de faire la synthèse des différents parcours à travers la théorie de la « pédagogie du Bonheur ». Il s’est agi concrètement de dégager dans la vie des six entrepreneurs, les éléments de souffrance, la dynamique de la persévérance et le résultat en terme d’abondance. Ces personnalités du monde de l’entrepreneuriat partagent en commun leurs propres frustrations, leurs insatisfactions et leurs douleurs mais également leur engagement à soulager la vie des autres. Si Nzamujo a quitté le confort de son laboratoire aux Etats-Unis en 1985 pour s’installer au Bénin pour lancer le Centre Songhaï, c’est parce qu’il ne supportait pas que les Africains vivent la précarité sur un continent potentiellement riche. Si Madame Sanata Yaméogo a démissionné de son poste d’Assistante dans une entreprise privée pour se lancer dans la restauration, elle se donnait pour mission de créer du travail pour le bonheur de ses compatriotes et des autres ressortissants de la sous-région ouest africaine. Pour dire non à la facilité, Oumou Ouédraogo a encaissé avec courage les remarques désobligeantes pour persévérer dans son initiative de transformation de la volaille. Francis Ima inspire ses amis grâce à son audace dans l’utilisation des mathématiques dans l’entrepreneuriat à travers les justes calculs qu’il a opéré pour allier élevage, agriculture, transformation et commerce tout en gérant un établissement d’enseignement secondaire. Omar Kindo n’a pas abandonné car il voyait plus qu’une boutique de rallonge. Il voyait son établissement d’importation et de fabrication de meubles. Madame Glao, partie de rien, savait soulager la souffrance des autres jusqu’à se lancer dans le transport pour sauver des retraités « qui mourraient à la gare » par manque de places pour aller prendre leurs pensions. Tous ces entrepreneurs sont le symbole de la persévérance, de la détermination et de l’envie d’être une solution pour les autres. C’est la finalité de toute idée d’entreprise. « On ne s’engage pas dans l’entrepreneuriat pour devenir riche, on s’engage dans l’entrepreneuriat pour aider les autres ».
L’étude des parcours de six entrepreneurs ouvrait la voie au témoignage de l’invitée surprise du jour, Madame Nina Yaméogo, fille de Madame Sanata Yaméogo. Les participant.e.s n’ont pas pu résister à la conclusion « Telle mère, telle fille ». Avec un diplôme de BAC + 5 en gestion des projets, Madame Nina Yaméogo a fait de sa vie un ensemble de projets et s’est résolument engagé sur le chemin de la réussite. Encadrée par une maman qui a déjà fait le chemin de l’entrepreneuriat, elle a su produire ses propres traces et s’est inscrite dans les mêmes valeurs de confiance, de courage et de persévérance. Au-delà de son témoignage, sa présence en tant qu’assistante du formateur principal a donné une grande valeur ajoutée à la séance de conférence-formation. Son témoignage a créé des vocations et certaines jeunes filles souhaitent son mentorat pour faire leur propre chemin. Elle a donné envie à beaucoup de filles et de garçons de passer de l’idée au projet et du projet à l’action pour réaliser leurs ambitions afin d’aboutir à l’abondance en se laissant guider par un esprit de persévérance. La diversification des domaines d’intervention de Nina Yaméogo montre la complémentarité des initiatives. La boulangerie accompagne la restauration au même titre que l’élevage qui apporte de la viande. En refusant très tôt les boîtes de nuit pour passant la nuit dans la boulangerie, Nina avait choisi de souffrir pour voyager avec persévérance vers l’abondance. Contrairement aux préjugés, l’éducation des enfants au sein des familles aisées est faite de valeurs de choix et d’action pour le changement car il est plus difficile de préserver un héritage que de se constituer sa propre fortune.
En somme, avec la « pédagogie du Bonheur », l’Institut d’Accompagnement des Carrières Diplomatiques et Internationales (IACDI) qui a animé la conférence-formation montre le chemin d’une nouvelle façon de former les jeunes en entrepreneuriat. En plus de disposer d’un bon plan d’affaires, il faut, à travers son idée d’entreprise, donner un sens à sa vie, être une solution pour les autres. Les modèles et l’invitée surprise ont confirmé que l’abondance et le fruit de la persévérance après avoir dit non à la souffrance. Ce message de l’IACDI résonnera dans tous les coins du Burkina Faso afin d’amener les jeunes à adopter de nouveaux paradigmes pour le changement.
Dr Poussi SAWADOGO
Conseiller en formation/IACDI