La réflexion ci-dessous est inspiré d’un travail de recherche de Master professionnel en Diplomatie option Protection de l’enfance, Relations Publiques et Protocole, présenté et soutenu à l’Ecole Supérieure des Affaires (ESA), à Lomé (Togo), le 24 juillet 2020. L’article rapporte les principales conclusions de ce travail académique et de recherche.

L’ampleur du phénomène a conduit le gouvernement burkinabè à entreprendre une série de mesures visant la protection des enfants et surtout, la prévention du phénomène. Ainsi, le Gouvernement a adopté le 25 mai 2001 un décret, portant détermination de la liste des travaux dangereux interdits aux enfants au Burkina Faso. Cet instrument juridique complète l’engagement du pays dans la ratification des différents traités et conventions, au niveau national et international, qui visent la protection des enfants et la promotion de leurs droits.

Au Burkina Faso, les sites d’orpaillage couvre l’ensemble du territoire national. En effet, l’orpaillage est une activité particulièrement dynamique et instable, qui ne permet pas de disposer d’une cartographie définitive des différents sites. En outre, le boum de l’orpaillage sur l’ensemble du pays explique que presque l’ensemble du Burkina Faso ressemble à un vaste chantier d’exploitation artisanale de l’or. L’organisation de l’orpaillage est quasi

La Communauté internationale engagée dans la promotion des droits de l’enfant

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), la question de la protection et de la promotion de l’enfant connaît un intérêt au niveau national et international. Les instruments juridiques nationaux, sous régionaux et internationaux réservent, à plusieurs niveaux, une place importante à la reconquête des droits de l’enfant, placés au cœur même des droits de l’homme définis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) du 10 décembre 1948.  Dans la même logique, l’adoption de mesures légales de protection et de promotion des enfants a été inscrite comme une priorité de l’action gouvernementale des pouvoirs publics burkinabè.

En ce qui concerne les instruments juridiques universels et régionaux, la Charte africaine des Droits et du bien-être de l’enfant (CADBE), adoptée en juillet 1990 par l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), rappelle que « l’enfant occupe une position unique et privilégiée dans la société africaine ». Cette Charte énumère ensuite une série de normes dont certaines, hautement innovatrices, vont bien au-delà des exigences de la Convention aux droits de l’enfant (CDE) adoptée par l’Organisation des Nations Unies, le 20 novembre 1989 et ratifiée par le gouvernement burkinabè.

Elle place l’enfant au cœur des enjeux et impératifs de paix, de développement et de progrès ainsi que des priorités gouvernementales. Pour parvenir à cette fin, l’OUA a organisé une réunion à Dakar, du 22 au 27 novembre 1992, consacrée aux problèmes des enfants.

Des milliers d’enfants, à travers le monde, sont privés de ces droits fondamentaux. Pour la plupart d’entre eux, le grand espoir, suscité par cette effervescence diplomatique, juridique et de multiples actions, attend toujours de devenir une réalité dans leur vie quotidienne.

Le rapport de l’UNICEF sur la situation des enfants dans le monde en 2003 révèle que, sur 143 millions d’enfants des pays en voie de développement, le tiers (1/3) a vu mourir, au moins, un de ses parents. Pour les enfants très pauvres, la perte même d’un seul parent, notamment de la mère, peut avoir de lourdes conséquences sur leur santé et leur éducation et entraîner leur abandon. Les enfants abandonnés sont environ 150 millions au monde à vivre dans des conditions d’éducation et de santé dérisoires, exposés aux abus, à la violence et à l’exploitation. Ceux-ci se livrent, la plupart du temps, à une vie de perdition, sans affection et sans protection de leurs parents ou d’une famille. Souvent, ces enfants ne sont pas du tout traités comme des personnes.

En Afrique, des dizaines de millions d’enfants passent une grande partie de leur vie dans la rue. Selon le réseau d’information des droits de l’enfant chargé de faciliter les échanges entre les acteurs impliqués dans la mise en pratique de la Convention relative aux droits de l’enfant, sur 640 millions d’enfants, un sur trois (1/3) ne bénéficient pas d’un logement adéquat dans les pays en voie de développement et ils sont exposés aux traitements inhumains et à l’exploitation sous toutes ses formes.

Les enfants du Burkina Faso victimes des pires formes de travail

Le travail des enfants sur les sites d’orpaillage et dans carrières artisanales au Burkina Faso est une manifestation alors même des pires formes de travail des enfants. Outre le fait qu’il entrave l’épanouissement et le développement de l’enfant, il contribue considérablement à freiner les efforts du Gouvernement dans la scolarisation des enfants au Burkina Faso. A cela, s’ajoutent des conditions dangereuses auxquelles les enfants sont souvent soumis et qui affectent indéniablement leur santé.

En dépit des efforts du Gouvernement et de ses partenaires, les sites d’orpaillage et carrières artisanales attirent davantage d’enfants.

L’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) et le Bureau international du travail (BIT) estimaient à plus de 27 000 enfants sur les sites aurifères, lors de l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants (ENTE) en 2006.

Sur l’ensemble des sites d’orpaillage, les enfants y ont été recensés, et le besoin d’une force de travail à moindre coût pour l’exploitation des sites en serait la raison. C’est aussi l’illustration d’une forme d’exploitation du travail des enfants ou d’exposition des enfants au travail. Plus d’un enfant sur trois résident sur les sites depuis deux ans et plus.

Ce constat est valable pour les garçons que pour les filles. Plus de la moitié des enfants de 6 à 17 ans travaillent sur le site depuis plus d’un an, et parmi eux, la moitié y travaille depuis plus de deux ans. En faisant un rapprochement entre la durée de présence et la durée de travail sur les sites, on observe que neuf enfants sur dix de 6 à 17 ans, y ont toujours été présents pour travailler.

La durée moyenne de travail sur le site est de 18 mois pour l’ensemble des enfants travailleurs. Il faut relever que le travail précoce des enfants est une réalité patente sur les sites, les enfants qui font du vannage ou du lavage sont ceux à bas-âge qui à peine peuvent s’exprimer. En plus de leur travail précoce sur les sites aurifères, ces enfants ne possèdent pas d’acte de naissance

Une lutte contre les pires formes de travail des enfants : la voie du salut

Ce constat appelle à une action majeure de renforcement de la lutte, de la sensibilisation et de la mobilisation des populations pour l’établissement d’actes de naissance pour les enfants et de l’amélioration de leurs conditions de vie.

Pour faire face aux mieux aux pires formes de travail des enfants et pour la promotion des droits des enfants, notre article a fait une série de recommandations à l’endroit des acteurs clés, notamment le gouvernement burkinabè, les organisations internationales en matière de la protection de l’enfance, la société civile et l’ensemble.

Ces suggestions passent par l’amélioration de la gouvernance politique et économique, le renforcement et la mise en œuvre effective des instruments juridiques qui promeut les droits des enfants, la mise en place des infrastructures de base surtout dans le domaine de la santé et de l’éducation.

Dans cette même perspective, il est recommandé une étroite collaboration entre les orpailleurs et le pouvoir régional des zones les plus touchés par l’exploitation des enfants, des campagnes de sensibilisation très fortes à l’endroit de la population entière. « La pauvreté ne doit pas être une excuse pour le travail des enfants et l’exploitation de ces derniers. » Cette citation de Kailash Satyarthie est parfaitement en phase avec la situation que traversent les enfants sur les sites aurifères au Burkina Faso.

YONLI Yemboado Gilchrist Marie Cedric

Diplomate de formation, communicateur et protocole

Spécialiste en protection de l’enfance et relations publiques

Chargé de la communication du Mouvement Panafricain des Leaders