Comment appréciez-vous la parole politique africaine à l’adresse du monde ? Doit-elle se réduire à réclamer l’annulation de la dette ? Doit-elle simplement être l’écho de celle des dirigeants du monde ? Est-il temps que l’Afrique dise clairement ce qu’elle pense de la gouvernance mondiale ? Le président du Niger disait que le COVID-19 donnait l’occasion de discuter de la gouvernance du monde ? Comment l’Afrique pourra-t-elle participer utilement à cette négociation d’un nouvel ordre mondial ? Quittera-t-elle la domination occidentale pour entrer dans le giron chinois ?

L’Union africaine ne s’est pas faite davantage entendre autour de la pandémie au moment où l’Onu, l’OMS et le G20 se préoccupent des effets dramatiques attendus pour l’Afrique. Monsieur Ibrahim Assane Mayaki, Secrétaire exécutif du NEPAD défend l’organisation continentale en affirmant qu’elle a fait preuve d’anticipation : « … l’Afrique elle-même a pris les devants dans sa réponse au Covid-19. Je ne connais pas d’autre région au monde où il y a eu une stratégie commune. Vous savez que l’Union africaine a le CDC, qui est le Centre de prévention et de gestion des épidémies… Très vite, au mois de février, l’ensemble des ministres africains de la Santé ont été réunis à Addis-Abeba, ils ont défini une feuille de route, et nous-mêmes, en tant qu’Agence de développement de l’Union africaine, nous travaillons sur cette feuille de route dans un certain nombre de domaines. » (RFI, Invité Afrique du 17 avril 2020).