About two decades ago, I followed up crisis concerns in Africa.
First of all, as student in History and Journalism to understand African conflicts and make it an matter of discussion. Then, as Diplomat concerned with crisis resolution processes in order to make a contribution to conflict management in Africa. In addition, as a teacher to design and deliver modules on the concerns related to conflicts in Africa to enlighten my students. Finally, as a Coach – Consultant in crisis analysis and management and in peacebuilding in order to offer recommendations for the stabilization of certain hotbeds of tension, both local and African.
When I began my Lectures in 2004, especially at the Diplomatic Institute and International Relations (IDRI), it was about the Ivorian, Togolese, Liberian, Congolese (DRC and Congo-Brazzavile) social and political crises. Nowadays, a glance a backwards sight also makes it possible to say that countries such as Sudan and its South, Nigeria, Mali, Guinea, among others are also concerned by this issue.
Between two decades, conflicts changed tremendously in nature and dimension. In addition to being internal, crises are also transnational. These crises are strongly motivated by geopolitical and geostrategic issues. They become more complex with the entry into play of asymmetric protagonists such as extremist armed groups. The Sahel is now in crisis through the play of influence between states and extremist groups whose heart of the struggle lies in the area of the three borders separating Burkina Faso, Mali and Niger.
Along with these political, socio-political, social, community, economic, strategic crises, among others, peace initiatives are being undertaken to pacify Africa. Between peace and war, speeches are complex. Communication in periods of crisis becomes a real challenge. Centers, institutes and universities are being specialized in the prevention and management of crises. Others are being committed in training in the management of humanitarian missions.
As a person challenged and called upon by crisis situations on the African continent and engaged in peace processes, I find the content of certain communications in crisis situations complex. Some so-called peace messages contain the seeds of war and some war messages hide some recipes for peace. It seems important to me to pay particular attention to crisis analysis, management and communication. This is all the more useful in this time of free speech facilitated by new information and communication technologies. Social networks provide an ideal space for expression for all those who wish to express themselves. It often creates a cacophony that makes official speaking less audible.

Should we give in to the easy temptation to speak up at the risk of blurring the line? Should we give trust in all communicators and experts in crisis situations in Africa? Should we be committed in mass education for better consumption of information from traditional media and social networks? Is it late to act to decipher the messages of peace that bring crisis and the messages of war that bring peace and know how to take advantage of each public expression of a position? Isn’t it opportune to understand that each word is a function of the balance of power and the interests at stake?
Finally, there is no such thing as neutral. There are no disinterested actors. There is then an absolute effort that must be made to understand the positions of the actors of a potential or erupted crisis.
Doctor SAWADOGO Poussi
IACDI Training Advisor
UACOACH CHAIRMAN
Translated by Laurent OUEDRAOGO, Communicator-Translator and High Sports Performance Specialist
LA PAIX ET LA GUERRE : UNE DUALITÉ COMPLEXE
Depuis près de deux décennies, je suis les situations de crises sur le continent africain. D’abord, en tant qu’étudiant en histoire et en journalisme pour comprendre la conflictualité africaine et en faire un objet de réflexion. Ensuite, en tant que diplomate concerné par les processus de résolution de crises afin d’apporter une contribution à la gestion des conflits en Afrique. En plus, en tant qu’enseignant pour concevoir et administrer des enseignements sur la problématique des conflits en Afrique afin d’éclairer mes étudiants. Enfin, en tant que coach – consultant en analyse et gestion de crises et en consolidation de la paix afin de proposer des recommandations pour la stabilisation de certains foyers de tension aussi bien local qu’africain.
Quand je commençais mes enseignements en 2004, notamment à l’Institut Diplomatique et des Relations Internationales (IDRI), il était question des crises ivoirienne, togolaise, libérienne, congolaises (RDC et Congo-Brazzavile). A nos jours, un regard rétrospectif permet de citer également des pays comme le Soudan et son Sud, le Nigeria, le Mali, la Guinée, entre autres.
En deux décennies, les conflits ont changé de nature et de dimension. En plus d’être interne, les crises sont aussi transnationales. Ces crises sont fortement motivées par des enjeux géopolitiques et géostratégiques. Elles se complexifient avec l’entrée en jeu de protagonistes asymétriques comme les groupes armés extrémistes. Le Sahel est aujourd’hui en crise par le jeu d’influence entre les Etats et les groupes extrémistes dont le cœur de la lutte se situe dans la zone des trois frontières séparant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Parallèlement à ces crises politiques, sociopolitiques, sociales, communautaires, économiques, stratégiques, entre autres, des initiatives de paix sont entreprises pour pacifier l’Afrique. Entre paix et guerre, les discours sont complexes. La communication en temps de crise devient une véritable épreuve. Des centres, des instituts et des universités se spécialisent dans la prévention et la gestion de crises. D’autres s’engagent dans la formation à la gestion des missions humanitaires.
En tant que personne interpellée par les situations de crises sur le continent africain et engagée dans les processus de paix, je trouve complexe le contenu de certaines communications en situation de crise. Certains messages dits de paix contiennent des germes de guerre et certains messages guerriers cachent quelques recettes pour aller à la paix. Il me semble important d’accorder une attention particulière à l’analyse, à la gestion et à la communication de crise. Cela est d’autant plus utile en ce temps de libération de la parole facilité par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les réseaux sociaux offrent un espace idéal d’expression pour tous ceux qui souhaitent s’exprimer.Cela crée souvent une cacophonie rendant la parole officielle peu audible.

Faut-il céder à la tentation facile de s’exprimer au risque de brouiller la communication ? Faut-il accorder du crédit à tous les communicateurs et experts des situations de crise en Afrique ? Faut-il engager une éducation de masse pour une meilleure consommation des informations issues des médias classiques et des réseaux sociaux ? Est-il tard d’agir pour décrypter les messages de paix porteurs de crise et les messages de guerre porteurs de paix et savoir tirer avantage de chaque expression publique d’une position ? N’est-il pas opportun de comprendre que chaque parole est fonction des rapports de force et des intérêts en jeu ?
En somme, il n’y a pas de propos neutre. Il n’y a pas d’acteurs désintéressés. Il y a alors un effort absolu qu’il faut faire pour comprendre les positions des acteurs d’une crise potentielle ou éclatée.
Dr Poussi SAWADOGO
Conseiller en formation de l’IACDI
Président de l’UACOACHS