Depuis décembre 2019, le monde entier est préoccupation par la propagation fulgurante du coronavirus (COVID-19). A ce jour, l’ensemble des continents et presque la totalité des pays du globe sont touchés par la maladie. Le virus colonise progressivement l’Afrique. Le Burkina Faso a enregistré ses premiers cas le 09 mars 2020. Le 22 mars 2020, plus de soixante-dix cas sont confirmés et on déplore quatre décès. Cinq personnes sont guéries selon les données officielles.

La sensibilisation est fortement engagée et met l’accent sur la prévention. A ce niveau, il faut rappeler les recommandations des autorités sanitaires nationales, sous-régionales et internationales :

  • éviter tout contact étroit avec des personnes souffrant d’infections respiratoires aiguës.
  • couvrez-vous la bouche et le nez avec un coude ou un mouchoir en papier lorsque vous toussez ou éternuez. Jetez immédiatement le mouchoir utilisé et lavez-vous les mains à l’eau et au savon ou utilisez un désinfectant pour les mains à base d’alcool. Vous protégez ainsi les autres de tout virus libéré par la toux et les éternuements.
  • se laver fréquemment les mains, en particulier après un contact direct avec des personnes malades ou leur environnement.
  • Si possible, gardez une distance d’un mètre entre vous et une personne qui tousse, éternue ou a de la fièvre. COVID-19 semble se propager le plus facilement par un contact étroit avec une personne infectée.
  • évitez de vous toucher les yeux, le nez et la bouche. Les mains touchent de nombreuses surfaces qui peuvent être contaminées par le virus.
  • éviter tout contact non protégé avec des animaux d’élevage ou sauvages.
  • si vous avez de la fièvre, de la toux et/ou des difficultés à respirer, téléphonez et informez le centre de santé de votre visite, en suivant toujours les conseils de votre professionnel de la santé ou les avis de santé nationaux.
  • au sein des établissements de soins, améliorer la pratique standard de prévention et de contrôle des infections dans les hôpitaux, en particulier dans les services d’urgence.

Au regard de la lente évolution des mentalités et des limites des capacités de prise en charge des structures sanitaires d’un pays comme le Burkina Faso, il importe d’éduquer les populations à comment vivre avec le COVID-19. Sur le plan sanitaire, cela revient aux experts et spécialistes qui peuvent donner des recommandations en matière de traitement palliatif et de régime alimentaire pour renforcer l’immunité du corps humain. Les experts en  nutrition ont un grand rôle en matière de conseils et d’orientation. La médecine par la nature pourrait également jouer un rôle central si une bonne collaboration est établie entre les acteurs traditionnels et modernes.

Se contenter des campagnes de prévention n’est pas suffisant pour faire reculer la maladie. Il faut agir, pour chaque personne et pour chaque communauté, avant, pendant et après la crise.

Un autre défi est d’encadrer les personnes qui ont déjà contracté la maladie et qui sont guéries. Il est scientifiquement démontré que les personnes qui ont contracté la maladie peuvent encore tomber malades. Elles ne sont pas immunisées contre le COVID-19. Elles peuvent même développer d’autres formes plus graves. Plus que celles qui n’ont pas encore contracté la maladie, les personnes guéries doivent montrer l’exemple dans le respect des consignes sanitaires. Elles doivent non seulement éviter de s’exposer elles-mêmes mais d’exposer les autres membres de la communauté. Pour la consolidation de la santé individuelle et collective, il faut développer une communication offensive à l’adresse des personnes guéries.

Avant, pendant et après la maladie, il faut que chaque personne et chaque communauté demeure dans une pensée positive considérant la pandémie comme une expérience humaine qui rappelle l’essentiel de la sagesse. Malgré les distances physiques recommandées à travers les consignes sanitaires, c’est le moment de développer des mécanismes de solidarité et d’action collective pour renforcer nos valeurs humaines. Avec les technologies de l’information et de la communication, nous pouvons demeurer proches les uns les autres et apporter des messages de réconfort et d’encouragement.

Les parents ont l’occasion, à travers le confinement, d’assurer une éducation de proximité à leurs enfants. Au lieu de céder à la panique et au désespoir, ce moment de repli stratégique doit permettre à chacun d’élaborer un plan de relance de son projet personnel et professionnel afin de le réaliser après le passage de la crise du COVID-19.

Cette pandémie se veut une leçon d’humanité qui invite chaque personne et chaque peuple à une remise en cause des certitudes en matière de gouvernance politique, de pratiques religieuses, de croyances idéologiques et de relations humaines. Elle nous offre une opportunité de croissance individuelle et collective pour un monde plus juste et plus solidaire.

Dr Poussi SAWADOGO

Conseiller en formation/IACDI